Genève innove en proposant de contrôler le poids des gaz à effet de serre dans chaque projet de construction ou de rénovation. Le choix de démolir sera questionné.
Voici un immeuble des années 1960, mal isolé, chauffé au mazout. Son impact carbone est maximum. Les intérieurs sont fanés. Les appartements ne répondent plus aux attentes. Cependant, la structure en béton du bâtiment est en bon état. Ces galettes pourraient-elles être rhabillées ? Ou détruira-t-on l’immeuble pour reconstruire des appartements modernes, avec un label énergétique vertueux ? Qui décidera de ce choix et sur quels critères ? C’est exactement le rôle d’un nouveau règlement lié à la loi sur l’énergie. Son application universelle obligatoire débutera seulement en 2032. Les premières concernées par ce texte sont les collectivités publiques. La Ville de Genève n’est pas encore forcée de réaliser ces calculs, mais le Département de l’aménagement, des constructions et de la mobilité s’y prépare. L’État appliquera ces normes dès 2027. Les privés devront présenter un concept carbone dès 2029.
Le poids croissant des matériaux
Comment peut-on améliorer l’isolation thermique d’un bâtiment sans faire bondir son bilan carbone ? “Les nouveaux quartiers construits à Genève sont très performants énergétiquement et les immeubles sont connectés à des réseaux de chaleur. Tout est renouvelable. Mais quand on s’intéresse au bilan carbone de certains bâtiments, on s’aperçoit que les deux tiers du CO2 proviennent des matériaux utilisés, parmi lesquels des montagnes de plastique et de béton, en quantités encore plus grandes qu’auparavant”, explique le député Vert et ingénieur David Martin, père de ce règlement. Une passoire des années 1970 peut posséder le même poids carbone qu’un immeuble neuf, selon lui. La solution ? Recourir à des matériaux vertueux, comme la paille, la cellulose, la terre, des murs en béton recyclé. Et faire preuve de sobriété. David Martin cite en exemple un immeuble en bois-béton élevé aux Vergers par une coopérative. Les bilans carbone et leurs seuils permettront d’objectiver l’impact de travaux dans le domaine bâti. Chaque matière aura sa fiche carbone. Des logiciels permettent d’ores et déjà de calculer l’empreinte en CO2 de toute opération. Le règlement prévoitaussi des subventions pour des réalisations exemplaires.
Cet article est paru dans notre numéro 12 (janvier 2026) intégré au dossier "1,5 milliard pour les rénovations thermiques"
Article tiré
du N°
12






















