Patrimoine

Le Manoir de Nyon s’ouvre !

Le Manoir de Nyon s’ouvre !
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Renouveau

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À l’horizon 2027, cette ancienne bâtisse du 15e siècle abritera des lieux d’exposition, des résidences d’artistes, des concerts classiques et une cave à jazz. Visite de chantier.

On y entre en se faufilant entre deux palissades de chantier, signe que la mue n’est pas terminée. Depuis deux ans, le Manoir de Nyon, qui jouxte le château de la ville, fait l’objet d’une vaste restauration. Après avoir longtemps appartenu à de riches notables de la région, cette bâtisse du 15e siècle, qui a toujours été un lieu d’habitation privé, s’apprête enfin à s’ouvrir à la population. Dès 2027, elle accueillera un centre culturel. Au programme : résidences d’artistes, expositions en tous genres, concerts de musique de chambre, lectures, projections de films et cave à jazz.

Le Manoir revient de loin. En 2022, une tempête s’abat sur la Côte, faisant voler les tuiles de son vieux toit. L’édifice tangue. Tombera-t-il ? Sa réfection est prévue de longue date, mais des problèmes de succession retardent le projet. Le coup de vent agit comme un accélérateur. “Nous avons compris que c’était le dernier moment pour le sauver”, se souvient l’architecte Nicolas Delachaux. La réhabilitation de cette bâtisse historique, composée de trois corps de bâtiments, se veut douce. “On conserve tout ce qui est possible, avec la même distribution des pièces. Les activités futures s’adapteront au lieu et non l’inverse”, explique le spécialiste des restaurations d’ouvrages anciens.

Achat privé en 1850

La mue culturelle de cette immense demeure de plus de 1 000 m2 de surface de plancher et 2 000 m2 de jardin émane des derniers propriétaires, les Comba. La famille a acquis le bien en 1850. Son dernier descendant à habiter le domaine, Guido Comba, physicien, philosophe et musicien, rêvait de voir sa maison transformée en un lieu consacré à la création artistique. En 2014, sa veuve, Ina, a créé une fondation éponyme pour réaliser ce voeu. À son décès, elle lui lègue son bien et sa fortune. “Ce lieu servira de tremplin pour des talents émergents”, détaille Fabienne Freymond Cantone, vice-présidente de la fondation.

Passages secrets

Avec ses volumes enchevêtrés et ses anciennes tapisseries murales, l’ensemble dégage un charme désuet. Le premier étage, auquel on accède par un escalier de pierre en colimaçon, compte quatre petits salons en enfilade reliés par des passages secrets. Tous sont dotés d’un poêle ou d’une cheminée. Le reste de ce premier niveau est occupé par un appartement qui sera disponible à la location par le biais de la fondation Vacances au coeur du patrimoine. Ses fenêtres offrent une vue dégagée sur le mont Blanc. Quant à sa salle de bain surannée aux teintes orangées, elle ravira les nostalgiques.

L’étage au-dessus, où habitait Mme Comba, accueillera des artistes en résidence. Les combles, situés sous une impressionnante charpente du 16e siècle, offriront un espace supplémentaire à la belle saison pour diverses activités, dont des projections. Enfin, les caves, qui abritent des fondations du 13e siècle, seront réaménagées pour des concerts de jazz. “Tous les niveaux de la maison seront accessibles aux personnes à mobilité réduite grâce à un petit ascenseur”, précise l’architecte.

Tout l’enjeu de la restauration tient dans cet équilibre : sécuriser l’édifice sans dénaturer son histoire. “Si nous respectons les normes à la lettre, nous détruisons le patrimoine. Il faut donc négocier avec les différents interlocuteurs pour trouver le juste milieu”, explique Nicolas Delachaux.

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